Jeudi 30 avril 2026.

Dans la cour de l’école des Pierres de Ternay, l’air est doux et déjà animé par quelques allées et venues d’insectes. Par petits groupes, les élèves des classes de cycle 2 de Mesdames Jacquemot et Racine s’activent, observent, manipulent. Cet après-midi-là, ils ne sont plus seulement élèves : ils deviennent explorateurs, jardiniers et protecteurs de la biodiversité. Deux jours avant, ce sont les élèves de Madame Schmidt qui ont préparé ce chantier en réalisant des boutures de romarins et en préparant des pieux pour la future haie sèche. Encadrés par les éducateurs à l’environnement de l’association Arthropologia, ils poursuivent un projet commencé plusieurs mois plus tôt : « pollinis’Actions ». Un projet en trois temps, pensé comme une immersion progressive dans le monde discret mais essentiel des pollinisateurs.

Retour en novembre.

Dans les classes, les premières découvertes éveillent la curiosité : qui sont ces petites bêtes qui butinent autour de nous ? Alexandre Turpain et Marion Duvignacq d'Arthropologia ouvrent une fenêtre sur cet univers foisonnant. Abeilles, bourdons, papillons… autant d’acteurs indispensables à la reproduction des plantes, et pourtant souvent méconnus. Les élèves observent, questionnent, s’étonnent.

Puis vient le mois de mars.

Changement de décor : direction les espaces naturels du SMIRIL. Là, sur le terrain, les apprentissages prennent vie. Les enfants scrutent les plantes, repèrent les insectes, découvrent leurs habitats. Le lien se fait naturellement entre ce qu’ils ont appris et ce qu’ils voient. Le paysage devient une salle de classe à ciel ouvert.

Enfin, ce jeudi 30 avril marque l’aboutissement du projet.

Avant même de se lancer, les élèves avaient déjà porté un regard attentif sur leur école : quels espaces pour la nature ? quelles plantes ? quels refuges possibles ? Ce diagnostic en tête, place à l’action.

Dans la cour, six ateliers s’animent simultanément. Ici, des enfants dessinent avec application des insectes aux formes et aux couleurs variées. Là, d’autres s’affrontent dans un jeu de memory pour reconnaître les pollinisateurs. Un peu plus loin, on manipule des graines, on les observe, on apprend à les reconnaître avant de les semer. Sous les conseils de Marion, certains récoltent des graines à partir de plantes séchées, découvrant le cycle de vie végétal.

Atelier affiches et dessin

Atelier sur les graines

Non loin de là, un groupe calme et concentré s’active : des élèves percent des bûches pour créer de petits abris destinés aux larves de pollinisateurs. À quelques mètres, avec l’aide d’Alexandre, d’autres construisent une haie sèche, empilant branches et morceaux de bois pour former un refuge vivant pour pleins d’espèces animales. Enfin, des plantations prennent place dans le sol de l’école, enrichissant peu à peu cet espace de nouvelles espèces variées (sauvages locales, cultivées…).

Peu à peu, la cour se transforme. Chaque geste compte, chaque action a du sens. Les élèves participent concrètement à la création d’un environnement plus accueillant pour la biodiversité.

Les visages sont concentrés, souvent souriants. L’enthousiasme est palpable. On expérimente, on coopère, on comprend en faisant. Cette après-midi ne se contente pas de transmettre des connaissances : elle ancre des gestes, des réflexes, une attention au vivant.

Une belle illustration de ce que peut être l’éducation à l’environnement : une rencontre sensible avec la nature, où apprendre rime avec agir.

Ateliers de constructions d'abris et de plantation dans la cour

Il convient de saluer l’engagement des élèves des trois classes impliquées, dont l’enthousiasme et l’implication ont largement contribué à la réussite de ce projet. Félicitations également à leurs enseignantes, Mmes Schmidt, Racine et Jacquemot, pour leur accompagnement tout au long de cette démarche pédagogique, ainsi qu’aux éducateurs à l’environnement Alexandre Turpain et Marion Duvignacq pour la qualité de leurs interventions.

Ce projet s’inscrit dans le cadre des projets scolaires portés par le SMIRIL, cofinancés par l’Agence de l’eau Rhône Méditerranée Corse et CNR. Il trouve pleinement sa place au sein de l’Observatoire territorial de la biodiversité porté par le SMIRIL, en sensibilisant les plus jeunes à la richesse et à la fragilité des milieux naturels de leur territoire.

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