Témoignage autour du projet de Rachel Goupil Lazaro – PS, MS, GS – École maternelle Robert Baranne
Du projet à la clairière : construire l’école du dehors
Depuis plusieurs années, Rachel Goupil Lazaro mène des projets en lien avec le SMIRIL. Cette année, elle a souhaité aller plus loin en s’inscrivant dans le programme du SMIRIL afin de faire naître un véritable projet d’« école du dehors » avec sa classe de PS, MS et GS de l’école maternelle Robert Baranne.
Après l’écriture du projet, nous avons échangé, puis nous nous sommes rencontrés sur le lieu de pratique choisi : le Parc Bernard Clavel, un espace naturel géré par le SMIRIL. Ensemble, nous avons réalisé le diagnostic du site, imaginé les rituels et structuré le cadre pédagogique, avec le soutien précieux de Daphné Guitton, éducatrice à l’environnement à FNE Rhône. Le projet a alors pu démarrer.
Rachel bénéficie de trois demi-journées en présence de Daphné avec ses élèves, et s’est engagée à mener ensuite des séances en autonomie. Ce jour-là, la classe est accompagnée de l’ATSEM, d’une AESH et d’une maman d’élève. C’est déjà la troisième sortie à l’école du dehors.
Une matinée d’hiver au Parc Bernard Clavel
Nous sommes le 19 janvier au matin. La classe arrive dans le parc, la maîtresse tirant son chariot de « classe dehors », constitué en début d’année. Le temps est brumeux, la température extérieure est de 5 °C. Les élèves sont bien vêtus. Malgré le froid, l’ambiance est sereine.
Installer le cadre : rituels et sécurité en pleine nature
Ce qui frappe immédiatement, ce sont des enfants calmes, concentrés, visiblement heureux d’être là. Ils observent, commentent, s’émerveillent de leur environnement.
À l’entrée du lieu, Rachel sort la mascotte de la classe : Lulu de la Nature, fabriqué lors de la séance précédente. Elle délimite l’espace avec des rubalises, rappelle les règles de la classe dehors, puis sort sa flûte : c’est le signal sonore qui invite les élèves à venir s’asseoir en cercle sur les troncs.
Les règles sont claires :
- on fait attention à soi, aux autres et à la nature,
- on reste dans les limites,
- on ne met rien dans sa bouche,
- on choisit des bâtons qui font la taille de nos bras.
Vient ensuite la chanson des émotions :
« Bonjour les amis, comment ça va ? »
Chacun exprime son ressenti en levant le pouce vers le haut, au milieu ou vers le bas. Ce rituel sera repris en fin de séance.
Rachel demande alors : « Est-ce qu’il y a des choses qui ont changé depuis la dernière fois ? »
« Les arbres sont tout nus ! » répond une élève. L’occasion est parfaite pour lire un album sur l’hiver et introduire du vocabulaire : neige, glace, hibernation, stalactite…
Des ateliers pour grandir : sportifs, artistes et scientifiques
Puis vient le temps des ateliers dirigés, un par niveau :
- Les PS deviennent des sportifs avec la maîtresse.
- Les MS sont des artistes avec l’ATSEM.
- Les GS se transforment en scientifiques avec Daphné.
Pour les PS, Rachel installe un petit parcours à suivre à l’aide d’une corde : d’abord les yeux ouverts, puis fermés, puis bandés. Elle ajoute ensuite des cerceaux dans lesquels les enfants doivent sauter. C’est un temps privilégié d’observation et d’accompagnement des plus petits.
Avec les MS, l’ATSEM propose la création d’un mandala à partir d’éléments naturels et de leurs couleurs.
Avec les GS, Daphné invite les élèves à reproduire des formes (rond, carré, cœur) avec des éléments de la nature, puis à réaliser des algorithmes naturels.
Le jeu libre, cœur battant de l’école du dehors
La classe se regroupe ensuite pour expliquer le temps de jeu libre : en nature, les enfants choisissent, explorent, inventent. Ce moment est essentiel pour développer l’autonomie, la créativité, la coopération et le lien au vivant.
Pendant le jeu libre, certains observent, d’autres se rendent au coin lecture. Le parachute coloré est sorti pour des jeux collaboratifs. Certains dessinent. Les élèves disposent aussi de boîtes-loupes et de petits filets pour capturer et observer des petites bêtes. Quelle joie lorsqu’un groupe parvient à observer un ver de terre ! D’autres jouent au loup. Chacun trouve sa place petit à petit dans cet espace ouvert.
Patouiller, explorer, ressentir : des besoins essentiels en maternelle
Après ce temps intense, on partage une tisane pour se réchauffer, puis une dernière histoire sur l’hiver avant de décider de rentrer. Certains petits bâillent. À l’école du dehors, on vit des moments riches, profonds, engageants. On revient avec les pieds pleins de boue, parfois un peu tachés, mais ce n’est pas grave.
Dans la petite enfance, le besoin de patouiller, de toucher, d’explorer, de rencontrer son environnement est fondamental. Ces expériences nourrissent le développement sensoriel, moteur, émotionnel et cognitif des enfants.
Une enseignante engagée, des élèves épanouis
Rachel relève ce défi avec le sourire, une rigueur pédagogique et une belle envie. Son engagement permet à ses élèves de vivre des apprentissages vivants, ancrés dans le réel et le sensible.
Nous leur souhaitons encore de nombreuses et belles séances à l’école du dehors.
